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1.500 personnes défilent à Rennes contre la loi asile-immigration

samedi 2 février 2019

https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-des-centaines-de-manifestants-contre-la-loi-asile-immigration-6208798

Rennes, 2 fév 2019 (AFP) - Quelque 1.500 personnes, selon la police et les manifestants, ont défilé samedi à Rennes à l’appel d’un collectif d’associations de soutien aux sans-papiers pour protester contre les dispositions de la loi-asile immigration, qualifiée de "nouvelle régression" pour les droits des étrangers.

"Droit de vivre en famille", "Non aux immigrés jetables", "De l’air ! Ouvrons les frontières !", "1 être humain=1 être humain" ou encore "Punir, enfermer, surveiller, assigner, expulser, NON", pouvait-on lire sur les nombreuses pancartes des manifestants. "Ni rétention, ni expulsion, régularisation pour tous les sans-papiers", "So so so solidarité avec les sans-papiers", ont crié les manifestants, qui ont défilé dans les rues du centre avec quelques "gilets jaunes" dans leurs rangs.

"Il y a des choses extrêmement dures dans cette loi.

On va pouvoir mettre les gens en rétention 90 jours d’affilée contre 45 aujourd’hui", dénonce Sorence Pierret, 65 ans, membre de l’association Fraternité Douarnenez pour qui "tout se durcit". "Les rendez-vous ne se feront plus dans les sous-préfectures. Nous par exemple, dans le Finistère, il va falloir aller faire tous les papiers à Rennes, ce qui crée des complications terribles de transport", souligne-t-elle.

Pascal, membre du collectif rennais de soutien aux personnes sans papiers, se félicite de la participation. "Le gouvernement dit qu’il y a une accélération de simplification des règles mais pour nous c’est surtout une accélération de la simplification des expulsions. Les délais de recours après la décision sont raccourcis, on pénalise l’aide aux étrangers, y compris l’aide au logement, on autorise les expulsions de certains demandeurs d’asile alors même qu’ils ont fait un recours contre un premier refus, on les empêche de circuler librement sur tout le territoire", critique-t-il. La loi asile-immigration, qui vise à réduire les délais d’examen de la demande d’asile et à mieux maîtriser l’immigration irrégulière, a été publiée le 11 septembre au Journal officiel.

Le texte vise à ramener à six mois le traitement des demandes d’asile, contre 11 en début d’année, pour faciliter à la fois l’expulsion des déboutés et l’accueil des réfugiés. Il allonge par ailleurs de 45 à 90 jours la durée maximale de la rétention et facilite l’éloignement pour certaines catégories de déboutés.

Présenté comme "équilibré" par le gouvernement, le texte avait provoqué de vifs débats jusque dans les rangs de la majorité, et s’était attiré des critiques y compris du Conseil d’État.