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Vérité et justice pour Angélo - Communiqué de la famille Garand après les mises en examen de deux gendarmes

jeudi 28 septembre 2017

Seur, le 27 septembre 2017

Depuis la semaine passée, notre famille et ses soutiens appellent à une Marche « Justice et Vérité » à Blois, ce samedi 30 septembre, pour Angelo Garand et toutes les victimes de la violence et de l’impunité des forces de l’ordre (voir notre communiqué du 18/09/17 ci-dessous).

Comme nous l’annoncions, la juge d’instruction de Blois est venue ce lundi 25 septembre à Seur, sur les lieux de la mise à mort d’Angelo pour faire ses constatations, dans le cadre de l’information judiciaire en cours. Dans l’après-midi, elle a également entendu les deux gendarmes du GIGN de Tours auteurs des tirs mortels. Elle a ensuite décidé leurs mises en examen pour « violences volontaires avec armes ayant entraîné la mort de M. Angelo Garand sans intention de la donner ». Rien de nouveau selon le communiqué du procureur, mais pour notre famille, c’est une première et réelle avancée, marquant une prise en compte de nos témoignages et des éléments factuels figurant au dossier.

Pour autant, malgré ce début, notre combat pour la Justice et la Vérité est loin d’être gagné. Comme les autres familles de victimes, auxquelles nous sommes liés, nous savons que face à la violence et à l’impunité des forces de l’ordre, les procédures sont douloureusement longues, et qu’un pas en avant est souvent suivi de deux pas en arrière. D’ailleurs dans la presse, les rôles continuent d’être inversés : Angelo, la victime, continue d’être présenté comme un coupable. Et symétriquement, l’opinion publique semble invitée à plaindre les deux auteurs des tirs, mis en examen. Enfin, la qualification retenue reste minime par rapport aux faits : 7 balles tirées à bout portant en plein torse.

C’est pourquoi, plus que jamais, nous invitons toutes les personnes et organisations solidaires à nous rejoindre ce 30 septembre 2017, à 15h, devant le tribunal de Blois, pour qu’Angelo ne soit pas oublié. Six mois après sa mise à mort par les gendarmes, six jours après la mise en examen des deux tireurs, continuons à nous mobiliser ensemble, car en réalité notre combat ne fait que commencer, et tout le monde est concerné.

La famille Garand et ses soutiens,
Le 27 septembre 2017


Message transféré ----------
De : Justice Pour Angelo chez gmail.com>
Date : 18 septembre 2017 à 23:15
Objet : Communiqué de la famille Garand : 6 mois après, une 2nde marche pour Angelo !
À :

6 mois après, seconde Marche pour Angelo Garand

Samedi 30 septembre 2017, notre famille et ses soutiens organisent à Blois une Marche « Justice et Vérité » pour Angelo et toutes les victimes de la violence et de l’impunité des forces de l’ordre. Si les pauvres et les discriminés sont les plus touchés, c’est une question qui concerne l’ensemble de notre société ; une question à laquelle on ne peut répondre qu’ensemble, par nos solidarités. Nous invitons toutes les personnes et organisations partageant cette conviction à venir l’exprimer en nombre à nos côtés, avec force et dignité.

Départ à 15h devant le Tribunal de Blois.

Cela fera 6 mois que nous luttons pour la mémoire de notre proche Angelo Garand, voyageur de 37 ans abattu par des gendarmes de l’antenne du GIGN de Tours. Venus pour l’interpeller, ils lui ont tiré 7 balles dans le torse, à bout portant et sans sommation. Ce jeudi 30 mars 2017 vers 13h, chez nos parents à Seur (41), le temps s’est arrêté.

Des membres de notre famille, réunis dans la cour pour partager une grillade, ont vu surgir une vingtaine d’hommes en tenues d’assaut, qui les ont jetés à terre, menottés, tenus en joue dans les cris. Angelo avait eu le temps de se cacher dans une petite remise toute proche. Après avoir fouillé bâtiments et caravanes, les gendarmes allaient repartir bredouilles, quand un léger bruit s’est produit dans la cachette. Aussitôt, un groupe d’hommes en noir y a couru à pas de loup. Selon le procureur de Blois, les gendarmes auraient demandé à Angelo de se rendre. Il aurait alors exhibé un couteau et résisté à un tir de taser. Mais nos proches présents à faible distance au moment des faits sont formels : ils ont entendu le petit bruit qui a attiré les gendarmes dans la remise, ensuite tout est allé très vite, sans aucune parole ni sommation avant le cauchemar des tirs des mitraillettes.

Angelo avait 22 ans, quand pour une rixe et une conduite sans permis, il était tombé dans l’engrenage des allers-retours en prison. Il était volontaire et dur à la tâche pourtant : pour se louer dans les vignes il faut être vaillant. Mais c’est mission impossible la réinsertion, quand on appartient à une « communauté » qui a mauvaise réputation ; quand le peu d’argent gagné en travaillant s’en va dans les réparations, avec 3 enfants à nourrir, un père très malade... et alors qu’un ancien délit restant à juger menace encore et toujours, des mois voire des années après, de renvoyer en prison.

Alors en septembre 2016, détenu pour vol à la prison de Vivonne (86), Angelo a cédé à la tentation de ne pas y retourner, après une permission de sortie d’une seule journée pour aller jusqu’à Blois voir les siens. Il savait bien qu’il finirait par le payer, qu’un matin des gendarmes viendraient le chercher. Mais il est inimaginable et inacceptable que ces six mois de liberté volés lui aient coûté son droit à la vie. Aujourd’hui, Angelo serait deux fois grand-père.

Nous les Voyageurs, nous sommes comme tous les stigmatisés, les discriminés qui vivent constamment dans le collimateur de la police ou des gendarmes, tous ceux auxquels la justice ne fait jamais aucun cadeau.

Maintenant la justice, nous la voulons pour Angelo. Lui qui avait toujours été assommé par des peines de prison qui nous privaient de lui, ce jour-là ils sont venus nous l’arracher à jamais, en le privant de sa vie. Pourquoi lui avoir envoyé ce commando au lieu des gendarmes locaux, qui connaissent notre famille ? Et pourquoi ces hommes « d’élite » n’ont-il pas mis en œuvre les nombreux moyens à leur disposition pour interpeller Angelo vivant ? Nous voulons que toute la vérité soit dite sur les conditions de sa mise à mort.

C’est pourquoi nous nous sommes immédiatement portés parties civile. Dans le cadre de l’information judiciaire en cours, une juge d’instruction nous a entendus cet été et devrait venir sur les lieux de la mise à mort d’Angelo prochainement. À ce jour les gendarmes en cause ne sont pas mis en examen et continuent d’exercer.

Ce 30 septembre, 6 mois après sa mise à mort, nous commémorerons Angelo pour la seconde fois dans les rues de Blois, afin qu’il ne soit pas oublié, que notre lutte soit visible aux yeux de tous et parce que nous gardons l’espoir d’être écoutés. Tout le monde est concerné. Tout le monde doit être informé pour pouvoir se mobiliser, refuser que nos enfants grandissent dans une société aussi violente et injuste. Nos pensées solidaires vont vers toutes les familles des victimes de la violence et de l’impunité des forces de l’ordre. Vérité et Justice pour Angelo, pour tous nos frères, nos pères, nos fils.

Pour rejoindre notre collectif de soutien à Blois, pour continuer à signer en tant qu’organisation solidaire (liste en P.J.), ou pour plus d’informations, nous écrire à justicepourangelo chez gmail.com

La famille Garand et ses soutiens,
Le 18 septembre 2017
— 
Justice pour Angelo, Soutien à la famille Garand !

Pétition en ligne :
https://www.change.org/p/justice-et-vérité-pour-angelo-soutien-à-la-famille-garand
Cagnotte solidaire :
https://www.leetchi.com//c/solidarite-de-aurelie-garand
Page publique fB :
https://www.facebook.com/Justice-Pour-Angelo-1307118499372039/