Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples

Accueil > Activités > « L’affaire » Zourgui enfllamme les débats, peut-on lire aujourd’hui dans les (...)

« L’affaire » Zourgui enfllamme les débats, peut-on lire aujourd’hui dans les DNA : la position du comité de Strasbourg du MRAP

mercredi 25 novembre 2020

Que peut-on reprocher à l’adjointe à la « tranquillité publique », sinon de prendre soin des policiers confrontés au risque de devenir « des féroces de l’ordre », tant la loi à venir dite « sécurité globale » risque de leur inspirer un sentiment de toute puissance et d’impunité, préjudiciable à l’exécution républicaine de leurs difficiles missions.

Nous l’avons bien vu avec l’évacuation si, inutilement et tragiquement, violente de la Place de la République, lundi 23 novembre.*

De nombreuses associations et des avocats ont aidé des exilés à installer un campement Place de la République à Paris, pour montrer en ce lieu hautement symbolique que ces réfugiés avaient été abandonnés à eux-mêmes après l’évacuation du camp de Saint-Denis.

Comme l’écrit le GISTI, les forces de police ont brutalement appliqué le principe "zéro tolérance" qui résume à lui seul la politique de harcèlement méthodiquement menée contre les exilé·es qui tentent, faute de solutions d’hébergement, de survivre en s’installant dans les interstices de l’espace public.

La "constitution d’un campement" qui n’était tout simplement "pas acceptable" selon le communiqué par lequel la préfecture de police et celle de la région Île-de-France ont tenté de justifier "la dispersion de cette occupation illicite ».

La doctrine du gouvernement repose sur un même credo à savoir que leur seule présence n’est "pas acceptable", empêcher qu’ils se rassemblent, disperser tout regroupement, interdire la (re)constitution de tout ce qui peut ressembler, de près ou de loin, à un lieu de vie.
Et pour ce faire, entraver et discréditer l’action de toutes celles et ceux qui tentent de substituer l’entraide à l’isolement, la solidarité au dénuement.

La police est intervenue, en pleine nuit, de manière extrêmement violente (gaz lacrymogène, grenade de dés-encerclement, matraquage...).
Appliquant en avance la loi « sécurité globale », la police a matraqué à plusieurs reprises les journalistes présents, dont Rémy Buisine.

Mardi matin, le ministre de l’Intérieur a des larmes de crocodile : il ordonne des enquêtes qui ne changeront rien à ses responsabilités.

Le MRAP dénonce le climat provoqué par ce même ministre, instaurant un état de non-droit, donnant à la police un permis de matraquer, y compris les journalistes, et ouvrant la chasse aux migrants.
En détruisant les camps, sans offrir de solutions d’hébergement durables, qu’espérait le gouvernement ?
Le MRAP exige des logements dignes pour tous ceux qui sont aujourd’hui à la rue, migrants ou pas, sans papiers ou avec papier.
Les solutions existent : dans l’immédiat, une mise à l’abri dans des structures collectives et à terme des hébergements pérennes, y compris par la réquisition des logements vacants.
Le MRAP prend contact avec toutes les organisations de soutien aux migrants et aux sans-logement pour organiser une riposte collective. Il poursuit sa lutte contre l’article 24 du projet de loi « Sécurité générale ».

G Y Federmann et Alfred Zimmer pour le comité de Strasbourg du MRAP

*Jean-Pierre Peyrard 25/11/2020 - Le croche-pied (Place de la République)
On voit sur une vidéo une personne se lever, prendre son sac et courir pour s’éloigner. Un policier tend la jambe au moment où il passe. L’homme tombe, le policier le regarde se relever et repartir.
Que signifie ce croche pied ?
Il est le geste du gamin dans la cour de l’école qui fait tomber pour la jouissance d’arrêter le mouvement. Il est le signe de l’irresponsabilité.
L’enfant de la cour de récréation a un œil en direction du maître.
Ici, nulle inquiétude.
Le premier problème concerne l’autorisation de porter l’uniforme de maintien de l’ordre public donnée à quelqu’un qui ne sait pas maintenir son propre « ordre personnel ».
Le second, l’absence d’inquiétude. La spontanéité du geste est illusoire. Il y a un discours idéologique en amont.
Sans la vidéo – elle montre le visage du policier – l’événement serait inconnu.


L’article des DNA auquel il est fait référence
https://c.dna.fr/politique/2020/11/24/strasbourg-apres-le-post-polemique-de-l-adjointe-a-la-securite-l-affaire-zourgui-enflamme-les-debats