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Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, revient sur les critiques après l’assassinat de Samuel Paty : "Ça a été insupportable"

samedi 10 avril 2021

Midi Libre - mardi 6 avril 2021
https://www.midilibre.fr/2021/04/06/cette-campagne-a-ete-insupportable-9470555.php
aboudet chez midilibre.com

Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a laissé entendre que l’Observatoire de la laïcité allait disparaître…

Juridiquement, l’observatoire court toujours. C’est le mandat du président et des personnalités qualifiées qui n’est pas reconduit. Moi, en tant que rapporteur général, je continue de gérer les affaires courantes. On doit attendre l’annonce par le Premier ministre, auquel nous sommes rattachés, pour savoir si l’observatoire s’arrête, même s’il y a de très fortes chances…

Vous aimeriez qu’il soit préservé…
Bien sûr. C’est l’Observatoire de la laïcité qui a permis de former plus de 350 000 acteurs de terrain et qui répond dans un délai de maximum 48 heures à toute sollicitation de ces acteurs (collectivités locales, associations, citoyens, élus…). Ils soutiennent tous massivement IG06/04/2021 about:blank about:blank 2/3 l’Observatoire de la laïcité. Comme l’a dit le président Jean-Louis Bianco, le bilan est très positif. Et le ratio coût/activité a été salué par Bercy.

On a beaucoup pointé du doigt l’observatoire après l’assassinat de Samuel Paty…
Cette campagne a été, moralement, insupportable. Laisser entendre qu’on était coresponsables, c’était insupportable. Sur le cas Samuel Paty, on n’a pas été saisi, ni informé. Mais en revanche, c’était remonté au sein du ministère de l’Éducation nationale. Nous, on n’a eu de cesse de demander un renforcement du soutien, de l’accompagnement et de la formation des enseignants.

En termes de formations, que proposez-vous ?
Il y en a différents types. Il y a des cours en ligne sur internet, des formations en présentiel. Notamment la formation “Valeurs de la République et laïcité”. Enfin, il y a des sensibilisations, sur le terrain.

Ces volets formation risquent-ils de péricliter si l’observatoire est dissous ?
Tout à fait. C’est un vrai problème. Sachant que ce plan de formation doit évoluer au gré de la jurisprudence.

Les débats font rage sur la laïcité. Certains défendent une ligne plus rigoriste que la vôtre…
Pour nous, la ligne, c’est le droit. Les lois de 1905, 2004… Mais effectivement, il y a des tendances pour une nouvelle ligne laïciste ou laïcarde. La première recherche l’invisibilisation de la religion dans l’espace publique. La seconde est une ligne de contrôle du culte et d’organisation directe du culte par l’État. Nous, on n’est pas dans ces tendances-là. On veut suivre celles du droit actuel, qui pose un équilibre, la garantie du droit individuel dans le respect du droit collectif.

Concrètement, ça veut dire quoi ?
Ce qu’il faut, c’est sanctionner tout comportement qui met à mal le cadre collectif. Ce n’est pas de faire la chasse au voile de la maman en sortie scolaire. Cette dernière n’exerce pas une mission de service publique, elle ne représente pas l’administration publique ! Il ne faut pas offrir l’argument de la discrimination aux endoctrineurs, aux radicaux. Les interdictions sont possibles, mais fondées sur des critères objectifs.

Recueilli par Adrien Boudet
aboudet chez midilibre.com

Le Nîmois, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, revient sur les accusations, après l’assassinat de Samuel Paty. Et sur la probable suppression de la structure fondée par Chirac.06/04/2021
L’observatoire de la laïcité, créé par Jacques Chirac et mis en place sous François Hollande, a deux missions principales. L’une de conseil auprès du gouvernement et du Parlement, l’autre de formation. Il est également appelé à répondre à toute sollicitation sur un problème en rapport à la laïcité ou à la gestion des faits religieux. La direction de la structure a été dénoncée à plusieurs reprises par des personnalités politiques telles que Manuel Valls. Avec l’assassinat de Samuel Paty, les critiques se sont renforcées. Marlène Schiappa, en première ligne, s’est exprimée pour que soit créé un Haut conseil à la laïcité.