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Compte-rendu du Nouvel An kurde à Strasbourg et en Turquie (sous le signe du référendum d’après l’AFP)

mardi 21 mars 2017

A Strasbourg le Nouvel An, au début du printemps, fut à la fois un jour jour de fête et un jour de luttes. Les Dernières Nouvelles d’Alsac en ont rendu compte.

Après s’être rassemblé.e.s place de la République, les Kurdes et de nombreuses autres personnes ont marché vers la place Kléber, en expliquant la situation aux nombreux passants qui descendaient la rue. Le cortège était au moment le plus fort constitué de plusieurs centaines de personnes. Etaient représentés Les Amis du Peuple Kurde, le comité du MRAP, Justice et Liberté.
Ci-dessous une vidéo sur le blog de Justice et Libertés.
https://drive.google.com/file/d/0Bx4CaLMJthwId3JoZUtlNllEeTA/view

Pour ce qui concerne le MRAP, le bref communiqué ci-dessous avait été diffusé par notre site local les deux jours précédents. Il a été lu place Kléber. Il met l’accent sur ce que Erdogan fait subir à tous ses opposants, en particulier aux populations kurdes. Il dénonçait son projet de devenir par référendum Président cumulant les pouvoirs et fait état de nos revendications adressées au gouvernement français et à l’Union Européenne.
https://mrap-strasbourg.org/IMG/pdf/communique_du_comite_du_mrap_pour_le_newroz_de_2017.pdf


Voici ce qui s’est passé en Turquie à Diyarbakir rapporté par l’AFP.

Mardi 21 mars 2017 à 16h08
Diyarbakir (Turquie), 21 mars 2017 (AFP) — Des dizaines de milliers de personnes ont célébré mardi le Nouvel An kurde (Newroz) à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, avec un mot d’ordre : "Non" au référendum sur l’extension des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan.

Les célébrations se sont déroulées sous haute sécurité, l’ensemble du site, situé en lisière de la "capitale" du sud-est à majorité kurde, étant ceint par les barrières de la police, tandis que des hélicoptères survolaient la scène.

Signe de la situation sécuritaire tendue en Turquie, particulièrement dans le sud-est, un homme qui avait affirmé transporter une bombe avant de tenter de poignarder des policiers déployés à Diyarbakir a été abattu par les forces de sécurité, ont déclaré les autorités à l’AFP.

Malgré cela, l’événement a gardé un esprit festif, avec de nombreux jeunes et des familles venus danser, des femmes portant des robes traditionnelles kurdes, et d’autres des treillis.

La foule brandissait des drapeaux du parti prokurde HDP, ainsi que des bannières vertes, rouges et jaunes frappées du mot "Non" en turc et en kurde, signe que le référendum du 16 avril est dans tous les esprits.

Les Turcs voteront ce jour-là pour ou contre une réforme constitutionnelle visant à étendre les pouvoirs du président Erdogan. Si les autorités affirment que cette réforme est nécessaire pour assurer la stabilité du pays, l’opposition dénonce une dérive autoritaire.

"La Turquie n’a pas besoin d’un changement constitutionnel. La Turquie a besoin que le problème kurde soit rapidement résolu", a déclaré à l’AFP Leyla Güven, co-présidente du DTK, une plateforme d’organisations kurdes, dont fait partie le HDP, et principal organisateur de l’événement.

"Nous dirons +non+ au référendum", confirme Süleyman Ulas, venu célébrer le Newroz. "Les Kurdes veulent la paix, veulent l’humanité, veulent des droits de l’Homme, veulent la démocratie. Ils ne veulent plus être persécutés. Nous refusons ce régime autocratique."

A la tribune, des représentants politiques kurdes ont enchaîné les discours, en turc et en kurde, appelant à voter "non", tandis qu’un grand bûcher a été enflammé au milieu de la foule, comme le veut la tradition du Newroz.

  • Interdictions -

Pour Mme Güven, les célébrations de mardi sont un succès, même si, selon elle, les autorités ont tenté d’empêcher la venue de certains Kurdes.

Les célébrations prévues les jours précédents dans d’autres villes du sud-est ont notamment été interdites par les autorités.
Quelques participants brandissaient le portrait d’Abdullah Öcalan, chef historique emprisonné depuis 1999 du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.
Sur fond de musique kurde, les chants et danses des participants étaient interrompus par des slogans de soutien à M. Öcalan, malgré les appels répétés des organisateurs à éviter les déclarations et pancartes pouvant être assimilées à de la propagande pour le PKK.
Le sud-est de la Turquie est sous tension depuis la reprise des violences entre le PKK et Ankara après la rupture, à l’été 2015, d’un fragile cessez-le-feu visant à mettre fin à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.
Une vaste opération militaire a notamment été lancée dans la région début mars par les autorités, qui ont également placé de nombreuses villes sous strict couvre-feu.

"Newroz est bien sûr beau, comme chaque année", affirme Mehmet Sah Cinar, venu participer aux célébrations. "Mais cette année, c’est plus triste que d’habitude à cause des interdictions. Vous le voyez bien, nous sommes des bannis. Le monde le voit : nos députés sont emprisonnés, nos leaders sont derrière les barreaux."

Une vague de purges sans précédent a été engagée après le coup d’Etat manqué du 15 juillet, imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis. Plus de 43.000 personnes ont ainsi été arrêtées. Parmi elles, une dizaine de députés du HDP, dont les deux coprésidents du parti, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag.

"Nous allons poursuivre notre combat pour la paix", ont indiqué mardi dans un communiqué M. Demirtas et Mme Yüksekdag.

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