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Tous les enfants comptent-ils vraiment ?

mercredi 10 juin 2015

Dans un bois dans les Yvelines, dans un centre urbain à Lille,
tous les enfants comptent-ils vraiment ?
"Chaque enfant compte. Partout, tout le temps" est le titre du rapport remis mardi par UNICEF France au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, qui évalue l’application de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant dans différents pays. Il souligne qu’en France, "l’accès aux droits les plus fondamentaux est loin d’être assuré" pour les enfants des bidonvilles, au nombre de 9 000 environ, que "malgré des initiatives multiples, notamment de la société civile, il n’y a toujours pas de réponse coordonnée assurant une protection minimale et un accès durable à l’éducation et à la santé pour ces enfants"
Une petite fille de cinq ans, un petit garçon de quatre ans, morts dimanche et lundi derniers sont parmi ceux dont il faut rappeler qu’ils doivent compter. David vivait dans un bidonville installé depuis deux ans à Lille, dont l’évacuation était demandée par le Conseil départemental, et la petite fille dans l’une des cabanes construites dans un bois, à Carrières-sous-Poissy (Yvelines), dont l’installation n’était pas connue et dont les habitants avaient probablement été expulsés d’un bidonville évacué depuis peu.

Ces enfants sont morts des conditions de précarité dans lesquelles ils ont été maintenus, et que les expulsions répétitives aggravent sans apporter aucune solution, se contentant de déplacer le problème.

L’UNICEF dont le rapport fait état, à la suite du collectif « Morts de la rue », de 10 enfants Roms décédés en 2013 dans les bidonvilles, recommande de "favoriser une stabilisation des familles vivant en bidonvilles en mettant un terme aux démantèlements erratiques et successifs des campements, en appliquant à la lettre la circulaire interministérielle d’août 2012, et en permettant l’accès aux dispositifs sociaux de droit commun respectueux des droits de l’enfant".
Le MRAP exige que cette recommandation soit entendue, pour que jamais plus en France, des familles ne soient déchirées par la perte d’un enfant dans ces conditions atroces.
Paris, le 10 juin 2015