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Turquie-USA : Gülen et les Kurdes, principaux points de discorde - AFP

lundi 15 mai 2017

Turquie-USA : Gülen et les Kurdes, principaux points de discorde
Dimanche 14 mai 2017 à 06h47
Istanbul, 14 mai 2017 (AFP) —

La Turquie et les Etats-Unis, bien qu’alliés historiques au sein de l’Otan, ont connu plusieurs désaccords, mais les divergences sur le prédicateur Fethullah Gülen et surtout la question des milices kurdes syriennes empoisonnent actuellement leurs relations.

  • Ankara s’oppose aux jihadistes, mais aussi aux Kurdes -
    En septembre 2011, six mois après le début de manifestations pacifiques contre le régime syrien réprimées dans le sang, Ankara, encouragé par les Etats-Unis, lâche Bachar al-Assad et soutient la rébellion. En 2013, l’Otan déploie des batteries antimissiles Patriot dans le sud de la Turquie pour protéger le pays d’éventuels tirs de missiles de Syrie.
    Mais après la montée en puissance de groupes jihadistes, les dirigeants turcs sont accusés de fermer les yeux sur les combattants étrangers qui franchissent la frontière turque pour gagner la Syrie.
    En 2015, la Turquie est rattrapée par le conflit en Syrie, avec, en juillet, un attentat meurtrier attribué au groupe Etat islamique (EI). Elle rejoint la coalition antijihadistes dirigée par les Etats-Unis et met à disposition sa base aérienne d’Incirlik (sud).
    C’est le début pour la Turquie d’une "guerre contre le terrorisme" officiellement dirigée contre les jihadistes et la rébellion kurde, mais qui vise en fait surtout le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre Ankara depuis 1984.
    En août 2016, la Turquie lance ainsi une opération militaire dans le nord de la Syrie, visant à lutter contre l’EI, mais aussi à combattre les milices kurdes YPG (Unités de protection du peuple kurde). Les YPG, qu’Ankara considère comme l’extension du PKK, sont la principale composante de l’alliance kurdo-arabe combattant l’EI en Syrie et soutenue par les Etats-Unis.
    Fin avril 2017, la Turquie irrite Washington en bombardant en Syrie un QG des milices kurdes YPG.
    Le 9 mai, Washington décide de fournir des armes aux YPG, ce que la Turquie juge "inacceptable".
  • Le sort de Gülen -
    Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, une tentative de coup d’Etat par une faction de l’armée (près de 250 morts) bouleverse la situation politique en Turquie, ainsi que ses relations extérieures. Elle est imputée au prédicateur islamiste Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis.
    La Turquie lance des purges sans précédent dans l’administration turque pour chasser les sympathisants de M. Gülen, qui nie pour sa part toute implication dans le coup de force.
    Le président Erdogan appelle, en vain, Washington à extrader le prédicateur.
  • Arménie -
    En avril 2017, Donald Trump qualifie le massacre des Arméniens en 1915 d’"une des pires atrocités de masse du XXe siècle", tout en se gardant d’employer le terme de "génocide". Colère de la Turquie, qui dénonce la "désinformation" et les "mauvaises définitions" de Donald Trump.
    Lorsqu’il faisait campagne pour la Maison Blanche en 2008, Barack Obama s’était engagé à reconnaître le génocide, un terme qu’il n’a cependant jamais employé en tant que président.
  • Droits de l’Homme -
    En avril 2016, Barack Obama avait dénoncé "le chemin très inquiétant" pris par Recep Tayyip Erdogan en matière de liberté de la presse en Turquie, au lendemain de sa rencontre avec son homologue turc à Washington.
    Les autorités turques sont accusées de dérive autoritaire et de répression contre des médias et opposants turcs.