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Israël expulse 37 organisations humanitaires, ce qui équivaut probablement à une condamnation à mort pour des centaines de milliers de Palestiniens. Mais le Times ne parle que de « nouvelles règles » à Gaza et de « suspensions » pour ceux qui « refusent de s’enregistrer ».
Jonathan Cook
31 décembre
Voici une nouvelle leçon magistrale du New York Times sur la manière de présenter un génocide comme une mesure d’application de la loi.
Selon le titre d’aujourd’hui, les « nouvelles règles israéliennes » signifient la « suspension » des organisations humanitaires à Gaza, c’est-à-dire l’expulsion forcée de 37 organisations humanitaires du territoire palestinien illégalement occupé par Israël.
Ces organisations humanitaires gèrent la plupart des hôpitaux de campagne actuellement en activité à Gaza, mis en place après la destruction par Israël des hôpitaux de l’enclave. Elles gèrent également des refuges d’urgence, des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement, ainsi que des centres de traitement pour les enfants souffrant de malnutrition aiguë.
Les « règles d’enregistrement » d’Israël sont une condamnation à mort pour une population palestinienne sans abri et démunie, laissée vulnérable à la famine, aux inondations, au froid hivernal et aux maladies par la destruction de leur patrie par Israël depuis deux ans.
Qui est à blâmer ? Apparemment, des groupes comme Médecins sans frontières, Medical Aid for Palestinians et CARE. Pourquoi ? Parce qu’ils « résistent » aux « règles » d’Israël qui leur imposent de « fournir des informations détaillées » sur leur personnel à Gaza – informations qu’Israël a utilisées à maintes reprises pour tuer ces travailleurs humanitaires.
Comme le souligne Médecins Sans Frontières, « nous prenons en charge un lit d’hôpital sur cinq et un accouchement sur trois » à Gaza. Israël, ajoute l’organisation, « prive des centaines de milliers de personnes d’une assistance médicale vitale ».
Une autre organisation touchée par les nouvelles « règles », le Conseil norvégien pour les réfugiés, a fait remarquer qu’Israël avait tué des centaines de travailleurs humanitaires au cours des deux dernières années. « Pour nous, c’est une question de sécurité pour notre personnel. Et le fait de révéler leur identité les met en danger. »
Le New York Times veut vous faire oublier qui est le criminel dans cette affaire.
C’est Israël qui occupe illégalement Gaza et d’autres territoires palestiniens, et ce depuis des décennies.
C’est Israël qui a bombardé Gaza jusqu’à la ramener à l’âge de pierre.
C’est Israël qui a procédé au nettoyage ethnique de la population de Gaza, la chassant de ses terres et la confinant dans des camps de concentration de plus en plus petits sur ces ruines, entourés par la « ligne jaune » d’Israël.
C’est Israël qui affame la population de Gaza depuis des mois en bloquant toute aide humanitaire.
C’est Israël qui a tué au moins 600 travailleurs humanitaires, 1 700 membres du personnel médical et 250 journalistes à Gaza au cours des deux dernières années.
C’est Israël qui a détruit tous les hôpitaux et établissements de santé de Gaza, laissant sa population mutilée et affamée vulnérable aux infections et aux maladies.
Et c’est Israël qui expulse aujourd’hui les organisations humanitaires indispensables pour maintenir en vie cette population sans abri, bombardée, mutilée, affamée, orpheline et traumatisée.
Les criminels ne peuvent pas fixer les « règles », car celles-ci serviront, par définition, leurs objectifs criminels.
Israël n’a pas caché ses intentions. Il veut éradiquer Gaza et sa population. Il a détruit les maisons des habitants de Gaza et les infrastructures dont ils ont besoin pour survivre, des hôpitaux et écoles aux services d’assainissement. Il a bloqué l’aide et la nourriture, et chasse désormais les organisations d’aide d’urgence qui servaient de pansement pour maintenir cette population à peine en vie.
L’objectif d’Israël est de rendre la vie si désespérée, si impossible, que le reste du monde consentira à l’expulsion du peuple palestinien de Gaza pour des raisons « humanitaires ».
Le New York Times, comme le reste des médias, utilise un langage visant à vous persuader que rien de tout cela n’est en train de se produire.
Avant, les crimes étaient justifiés par une « guerre » visant à éradiquer le Hamas.
Aujourd’hui, pendant un prétendu cessez-le-feu au cours duquel Israël continue de tuer des Palestiniens, il s’agit d’une nouvelle façon d’organiser les affaires à Gaza, là encore prétendument nécessaire pour éliminer le Hamas. Ce sont apparemment les organisations humanitaires qui causent des difficultés en « résistant », en bafouant les « règles ».
C’est le langage du blanchiment du génocide, du déni du génocide. Il a une longue et triste histoire.
Les nazis et leurs médias qualifiaient d’« évacuations » le rassemblement des populations juives dans les ghettos où elles avaient été contraintes de s’installer. Ceux qui étaient envoyés dans les camps de la mort étaient « réinstallés ». Et les chambres à gaz étaient l’endroit où les « détenus » recevaient un « traitement spécial ».
Cette terminologie de bonne administration – de règles, d’ordre, de suspensions, de réinstallation – est nécessaire pour nous insensibiliser à la réalité barbare des horreurs qui se déroulent minute après minute à Gaza. Reprendre ce langage anesthésiant, comme le fait sans cesse le New York Times, est plus qu’un simple crime contre le journalisme. C’est un crime contre notre humanité commune.
Sans l’aide de médias comme le New York Times, le génocide aurait tout simplement été impossible.
