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Strasbourg le 10 mai 2018 : compte rendu de la commémoration de la fin de l’esclavage proclamé pour la France en 1848

jeudi 10 mai 2018

Avant cette proclamation, des esclaves noirs s’étaient révoltés à plusieurs reprises, notamment en Caroline du Sud (1739) où ils obtenu leurs libertés et à Saint-Domingue (1791). Dans ce dernier cas l’indépendance a pu être arrachée en 1801. En 1760 des esclaves chrétiens avaient capturé un navire amiral ottoman et s’était réfugiés à Malte.

C’est pendant la révolution de 1848 que Victor Schoelcher* qui prônait l’abolition de l’esclavage a atteint cet objectif.

Lors de la Commémoration au Lieu d’Europe à Strasbourg, une gerbe fut déposée (1ère photo). Suivit une minute d’applaudissements en hommage à tous les esclaves, hommes et femmes, qui s’étaient révoltés pour leur liberté

Monsieur R. Ries, Maire de Strasbourg, était représenté et était présente notamment Madame Wonner, députée,

Lors de brèves prises de paroles certains faits ont été relevés :

* A la fin de l’esclavage ce sont les colons, qui avaient pourtant déjà profité du travail gratuit des esclaves dans leurs champs de coton ou de canne à sucre, qui ont été indemnisés et non les esclaves !

* Ces derniers ont inventé des chants, des danses, mélanges de plusieurs cultures
(voir la 2ème photo)

* L’esclavage avec sa culture raciste et son mépris des populations qu’elles soient d’origine africaine - ou Rom - a aujourd’hui encore en France des effets très négatifs permettant d’entretenir des formes de racisme.

* En Europe à ce jour seule la France a fini par instaurer une telle journée de commémoration, alors que le Portugal, l’Espagne, l’Angleterre, la Belgique, la Hollande, eux aussi aux passés esclavagistes, ne l’ont pas fait.

Aujourd’hui et à l’avenir ?

* Des dizaines de millions de personnes (davantage que dans les années 1800) vivent aujourd’hui dans des situations semblables à l’esclavage :

  • Des femmes sont contraintes par des mafias à la prostitution.
  • Des asiatiques, à qui leurs papiers ont été confisqués, travaillent au Qatar selon la volonté des patrons à qui ils sont mis à disposition.
  • En Mauritanie, malgré l’interdiction officielle en 20012 l’esclavage se poursuit..
  • En Libye avec qui la France avaient signé des accords pour retenir les migrants, des Subsahariens y ont été vendus.
  • Des Nord-Coréens sont envoyés en Chine ou en Russie et leurs salaires sont versés au régime de Pyongyang.
  • Des enfants de RDC travaillent dans des conditions quasi-esclavagistes notamment pour extraire des minerais.
  • Même dans des beaux quartiers à Paris, des bonnes à tout faire sont contraintes de travailler sans être payées et sans pouvoir s’échapper de la maison.

L’après-midi s’est terminé par la musique des danses reflétant le dynamisme des femmes et des hommes descendants d’esclaves .

L’esclavage sous diverses formes est encore hélas une réalité et a de l’avenir, sauf si partout des oppositions se lèvent résolument contre elles

A Strasbourg d’autres activités sont encore proposées par le Centre Européen de Représentation des Antilles Guyanne (CERAG) les 10 mai, 22 mai, 30 mai, 16 juin
Voir le fichier ci-dessous.

Vous trouverez aussi ci-dessous le communiqué national du MRAP :


*Quelques éléments de biographie de Victor Schoelcher :

Victor Schoelcher, né en 1804 à Paris dans une famille d’origine alsacienne, s’engage au début des années 1830 dans le mouvement pour la République.

Il voyage notamment dans les Amériques, pour une mission d’étude de l’esclavage aux Caraïbes et des résultats de l’émancipation des esclaves dans les colonies anglaises, qui venait d’avoir lieu en 1838.
Il en ramène les manuscrits de deux ouvrages déterminants : "Des colonies françaises-Abolition immédiate de l’esclavage", et "Colonies étrangères et Haïti".
Il part ensuite vers la Méditerranée orientale, pour étudier l’esclavage musulman, puis pour la même raison - l’étude de l’esclavage et de la condition des captifs - en Afrique subsaharienne, parcourant le Sénégal et la Gambie entre septembre 1847 et janvier 1848.

En 1848 il préside la Commission d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises qui prépare les décrets abolitionnistes du 27 avril. Schoelcher occupe les fonctions de sous-secrétaire d’Etat au sein du ministère de la Marine auprès de François Arago de mars à mai.
Il peut ainsi mettre en application les aspects essentiels du projet de réforme coloniale qu’il avait élaboré depuis 1840, devenant le promoteur d’une politique d’assimilation des droits politiques des citoyens des colonies à ceux de la France.
Il milite par ailleurs pour la construction du régime républicain en France, pour l’application du suffrage universel et pour l’abolition de la peine de mort, pour la reconnaissance des droits civiques des femmes et pour l’élaboration d’un droit des enfants.

Représentant du peuple élu en Martinique (1848) et en Guadeloupe (1849-1850), où le schoelcherisme devint un mouvement politique, il fut contraint à un exil de dix-neuf ans à Londres sous le Second Empire.

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